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Le veganisme politique est une atteinte à nos libertés

Point de vue publié dans Ouest-France le 11/12/2018

Je suis agricultrice, éleveuse de porcs, je produis l’alimentation qui nourrit mes concitoyens, c’est un métier d’une grande noblesse que je suis fière d’exercer. Cette activité essentielle à la vie est aujourd’hui remise en cause par le mouvement antispéciste. Une minorité bruyante et agressive qui considère que les animaux sont l’égal de l’homme, et qu’à ce titre nous n’avons aucune légitimité à les élever et encore moins à manger leur viande. Pour ma part, je défends l’idée du "contrat domestique" : en s’élevant au-dessus des autres espèces, l’homme s’est défini des droits et des devoirs envers les animaux.

Attaquer mon métier d’éleveuse, c’est renier ce que nous sommes : des homo-sapiens que la nature a fait omnivores. C’est renoncer à ce que nous avons construit ensemble, notre civilisation, notre démocratie, notre histoire, notre culture et surtout nos libertés, de penser et de manger ce que bon nous semble.

 

Ils ne connaissent ni les animaux, ni l’élevage

A les écouter, ces militants semblent tout connaître des animaux et de l’élevage… Sans n’y avoir jamais mis un pied, ou alors de nuit avec une caméra et une lampe torche. Ces défenseurs compassionnels des animaux sont de jeunes adultes urbains, d’un bon niveau social et d’études supérieures. Une génération qui se cherche dans un monde en transformation qui peine à leur proposer une vision d’avenir. En quête de sens, ces jeunes gens se font happer par l’idéologie abolitionniste qui conceptualise l’animal dans une utopie militante. Une vision magique de notre monde où toutes les solutions aux maux de la planète passent par l’arrêt de la consommation de viande.

 

Continuer, ici en France, à produire pour nourrir

Les vegans représentent 0,5 % de la population en France et la plupart d’entre eux ne font preuve d’aucun prosélytisme. Pour autant, une fange radicalisée a pris la parole en leur nom pour affirmer un nouvel ordre moral. Ce sont des antisystème qui cherchent une cause dans laquelle épancher leur colère. Ils ont politisé l’alimentation : chaque achat alimentaire est un geste pour protester contre l’injustice faite aux animaux. Dogmatiques, toute personne qui ne pense pas comme eux est coupable de crime contre l’animalité.

Portés par leur attractivité médiatique, ils cherchent à dresser les consommateurs contre les agriculteurs, les salariés de l’agroalimentaire, les bouchers. La violence à laquelle tous les acteurs de la filière viande doivent faire face aujourd’hui en France est sans précédent. Il devient urgent que l’autorité publique prenne des mesures fortes, pour que nous puissions simplement continuer, ici en France, à produire pour nourrir.

 

Face à ces attaques : entendre, agir, communiquer

Face à cet agri/agro bashing montant, l'association Agriculteurs de Bretagne et le collectif Les Zhomnivores ont décidé de réagir. C’est à ceux qui produisent l’alimentation de prendre la parole. Nous devons réinformer les consommateurs sur des évidences oubliées pour redonner du sens à ces aliments dont nous nous nourrissons depuis des millénaires. La nature nous a fait omnivores, la vie se nourrit de la vie, il est naturel et vital pour nous Homo sapiens, en complément d’aliments végétaux de se nourrir d’aliments animaux : viande, œufs, lait…

Nous devons rappeler que depuis 12 000 ans, chaque jour nous progressons pour améliorer la bientraitance en élevage et dans les abattoirs. Mais aussi que les animaux d’élevage font partie intégrante de notre culture : alimentaire et culinaire, spirituelle et culturelle, économique et sociale, et qu’ils sont indissociables de notre humanité.

 

Danielle Even, éleveuse de porcs et Présidente d’Agriculteurs de Bretagne

 
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