Maryline et Philippe Péron
Maryline et Philippe, la passion du maraîchage partagée en Pays Bigouden
À Loctudy, le maraîchage s’inscrit dans une longue tradition familiale. Maryline incarne la sixième génération installée sur la ferme. En 2018, au départ à la retraite de son père, son conjoint Philippe franchit le pas : cet ancien agent communal réoriente sa carrière pour perpétuer l’activité maraîchère à ses côtés.
Une complémentarité au quotidien
Pour préserver l’équilibre professionnel et familial, le couple a structuré la répartition des tâches. Philippe se consacre aux travaux en amont : la préparation de la terre, les semis et l’application des amendements — ces produits minéraux ou organiques destinés à améliorer la structure du sol et sa fertilité. Maryline prend le relais sur le suivi des cultures, l’entretien et la récolte. Le père de Maryline, désormais retraité, continue d’apporter son expérience au quotidien.
Le choix exclusif du circuit court
L’ensemble de la production est commercialisé en vente directe. Présents sur trois marchés l’hiver et quatre l’été dans le secteur du Pays Bigouden, Maryline et Philippe organisent également une vente à la ferme le samedi matin et fournissent quelques restaurants locaux. Pour garantir une fraîcheur optimale, les légumes sont récoltés le matin même de leur commercialisation.
Sobriété en eau et lutte biologique au cœur des serres maraîchères
Sur la ferme de Maryline et Philippe à Loctudy, la gestion des cultures sous serres s’appuie sur des pratiques durables et une recherche constante d’alternatives écoresponsables. Installés sous de grands tunnels — des structures recouvertes d’une bâche plastique permettant de protéger les cultures du climat — le couple produit ses propres plants de tomates, semés dès le mois de février.
Réduction du plastique et gestion de l’eau
Afin de réduire l’usage des matériaux synthétiques, la ferme a remplacé les ficelles de tuteurage traditionnelles par des modèles en coton. Une fois la saison terminée, il suffit de les couper pour les intégrer directement au compost.
L’irrigation est assurée par un système de goutte-à-goutte, une méthode d’arrosage au pied de la plante assurant un apport d’eau ciblé et maîtrisé. Ce dispositif est couplé à une bâche de paillage biodégradable qui remplit un double rôle : elle stoppe la pousse des adventices (mauvaises herbes) et réchauffe le sol dès le mois de mars pour favoriser le développement racinaire.
La lutte biologique et le rôle des auxiliaires
Pour protéger les légumes contre les ravageurs sans recourir aux produits de synthèse, Maryline et Philippe privilégient la lutte biologique. Ils utilisent des filets de protection pour cloisonner les zones de culture et prévenir les attaques d’insectes.
Pour réguler les populations de pucerons, le couple s’appuie sur la biodiversité locale : ils conservent volontairement des bandes d’orties et de ronces en bordure de serre. Ces zones d’habitat naturel servent de réservoir aux auxiliaires — la catégorie d’insectes utiles (comme les coccinelles ou les syrphes) qui s’alimentent des parasites des cultures.
Gestion de l’eau et diversité des cultures au cœur du projet de Maryline et Philippe
Sur leur ferme maraîchère de Loctudy, Maryline et Philippe font évoluer leurs méthodes au fil des saisons et des défis climatiques.
Une irrigation ciblée pour préserver la ressource en eau
Marqués par la sécheresse de 2022, les deux maraîchers ont abandonné l’arrosage par aspersion au profit du goutte-à-goutte. Ce système d’irrigation apporte l’eau directement au pied des plants de courgettes et de tomates. En évitant le ruissellement sur le feuillage vers les allées, cette technique empêche la pousse des adventices (mauvaises herbes) et optimise chaque litre d’eau distribué.
La diversité variétale pour sécuriser les récoltes
Passionnée par le choix des graines, Maryline cultive cette année près de 35 variétés de tomates — c’est-à-dire différentes sélections d’une même espèce présentant des caractéristiques de goût et de résistance variées. Cette pluralité permet de limiter les risques sanitaires : si une maladie touche une variété, les autres prennent le relais.
Lutter contre le gaspillage alimentaire
Dans cette même démarche d’adaptation, la ferme s’est tournée vers la culture d’une douzaine de variétés de piments doux. Plus petits qu’un poivron classique, ils répondent à la demande d’une clientèle composée de personnes seules ou âgées, réduisant ainsi le gaspillage à la consommation.
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