Pourquoi utilise-t-on des pesticides ?

Jean-René Menier

Moindre efficacité des produits, matériel plus précis et sensibilisation aux pollutions ont fait évoluer les pratiques.

Sur son exploitation à Mauron (56), Jean-René Menier dispose d’un parc matériel important pour assurer la préparation du sol, réaliser les semis et les récoltes à l’exception des matériels spécifiques pour les légumes. Pour les traitements dans les cultures, il dispose d’un pulvérisateur automoteur qui, malgré toute attente, «  sort plus qu’avant, pour des interventions précises et ciblées, dans le respect de conditions optimales, souvent bien en deçà des contraintes réglementaires », précise-t-il.

Assurer la souveraineté alimentaire

Le traitement sur les cultures, c’est souvent une obligation pour cet agriculteur, « pour assurer la sécurité alimentaire de nos concitoyens. Car fournir en quantité un produit sain, marchand et de qualité, reste notre première mission. » Un objectif semble-t-il atteint depuis plus d’une quarantaine d’années. « Mais avec moins de produits homologués, cette sécurité sera plus dure à assurer… Sans chimie ou sans coût exorbitant de main-d’œuvre pour venir à bout de plantes envahissantes par exemple, certaines situations aboutissent à des impasses. »

Des conditions optimales le soir ou le matin.

Intervention au cas par cas, avec ciblage

« Pour les maladies ou les mauvaises herbes, là où un ou deux traitements complets suffisaient il y a quelques années, des produits plus ciblés nous amènent aujourd’hui à intervenir 3 ou 4 fois. Cela aboutit parfois à des quantités de produits à l’hectare plus importantes mais leur impact environnemental est beaucoup plus faible que celui des produits utilisés il y a 15 ans. Comparer seulement les quantités utilisées n’a donc pas de sens…» Les agriculteurs se sont formés et ont beaucoup travaillé sur la prise en compte de l’environnement liée à la protection des cultures ; la technologie a aussi évolué permettant d’intervenir au cas par cas, avec ciblage dans les parcelles. Le matériel est contrôlé tous les 5 ans, bientôt tous les 3 ans : la régulation est plus précise, la pression est continue sur toutes les buses le long d’une rampe… Des buses qui permettent de pulvériser au plus près de la plante ciblée, de 30 à 50 cm du sol. « Les buses anti-dérive très utilisées en Bretagne diminuent aussi la prise au vent du jet d’eau qui sort du pulvérisateur. Mais on n’intervient pas lorsqu’il y a du vent ! Même à la norme recommandée maximale de vent à 19 km /h, les pulvérisateurs ne sortent pas… » Le matériel n’est utilisé qu’en conditions optimales. Et ces périodes sont limitées à 2 à 3 heures par jour, rarement plus : « À 70 % d’hygrométrie dans l’air par exemple, on peut diminuer de 20 à 30 % la quantité de produit utilisé, des conditions présentes le soir ou le matin… »

La santé humaine au centre des préoccupations

 « Je manipule les produits, avec masque, gants et équipements adéquats pour me protéger, sur l’aire de préparation où une paillasse est réservée à cet usage. C’est à ce moment-là que le risque est le plus important car le produit est concentré ». Mais la santé humaine est au cœur de la recherche, et « concentre 40 % des coûts lors du développement d’un produit », ajoute l’agriculteur. Carole David, journaliste Paysan Breton

Fournir en quantité un produit sain et marchand de qualité, c’est notre première mission en tant qu’agriculteur.

L’œil de l’expert

Diminuer l’utilisation des phytosanitaires, c’est une nécessité. Nous sommes certainement une des régions où les outils d’aide à la décision (OAD) sont les plus développés. Reste aux agriculteurs à se les approprier et à prendre en main les décisions d’intervention avec une vision objective selon les contraintes techniques et agronomiques. L’enjeu est également de mettre au point et de diffuser de nouvelles techniques alternatives efficaces afin d’aider les agriculteurs à réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. Demain, de gros espoirs sont attendus aussi du côté de la technologie, avec l’apparition de robots et du numérique. On y travaille. Éric Masson, ingénieur régional Arvalis-institut du végétal

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