Pourquoi la protection sanitaire des élevages est-elle aussi importante ?

Inès Rouxel élève 800 truies et engraisse des porcs à Plurien (22). Pour elle, ainsi que pour ses dix salariés et apprentis, l’aspect sanitaire est indispensable à la réussite de l’élevage, que ce soit en termes de résultats ou de bien-être au travail.
Que signifie le sanitaire dans votre quotidien d’éleveuse ?
C’est le socle de notre métier. Les maladies sont évidemment présentes sur notre élevage, mais comme nous maîtrisons le sanitaire, elles sont contenues et ne dégénèrent pas en épidémies. Avec une bonne gestion sanitaire, notre travail est agréable, avec de bons résultats techniques et économiques. Si la situation se dégrade, il faut mettre en place des vaccinations, intervenir davantage… Et le travail est beaucoup moins plaisant.
Comment maîtrisez-vous le sanitaire à l’intérieur de l’élevage ?
Nous appliquons des règles de biosécurité interne. Par exemple, nous cloisonnons le plus possible entre la maternité, où se situent les porcelets, et l’engraissement, où les cochons grandissent. Il est obligatoire de changer de tenue, de bottes et de se laver les mains entre chaque bloc, afin de ne pas faire circuler les pathogènes. Nous commençons toujours le travail avec les porcelets, puis nous allons vers les plus gros animaux, qui sont moins fragiles. S’il faut retourner voir les petits, on se change : notre machine à laver tourne toute la journée. Les couloirs sont lavés en permanence. Vous pourriez faire le tour de l’élevage en chaussettes sans vous salir !
Comment protégez-vous l’élevage des risques extérieurs ?
Il s’agit, ici, de maîtriser la biosécurité externe. D’abord, chaque personne qui travaille dans l’élevage commence sa journée par la douche et enfile sa tenue d’élevage. Par ailleurs, nous avons protégé les abords de l’élevage avec l’installation de clôtures afin d’éviter que les sangliers s’approchent trop près et contaminent nos animaux. Autre exemple : les livreurs d’aliment rentrent dans une cour dédiée, à l’extérieur de l’élevage, afin d’empêcher tout contact avec les cochons et d’éviter les risques de contamination potentielle.
Est-ce contraignant pour votre équipe ?
Non, c’est devenu naturel. Chez nous, la biosécurité a été mise en place par mon père il y a bientôt 20 ans, et elle a fait ses preuves. Tout est organisé pour que l’équipe puisse l’appliquer correctement et tout le monde apprécie de travailler dans de bonnes conditions sanitaires, avec des cochons en pleine forme et de bons résultats techniques.

Sylvain Gauffroy, responsable qualité de Porc Armor Évolution
«La protection sanitaire est bien plus qu’une contrainte réglementaire : c’est en quelque sorte le poumon de l’élevage porcin. Maîtriser les risques sanitaires permet d’abord d’assurer la santé des animaux, condition indispensable pour obtenir de bons résultats techniques et économiques. Un élevage sain, c’est moins de pertes, moins de traitements vétérinaires et un travail quotidien plus fluide pour l’éleveur et ses équipes. Cette exigence s’est renforcée ces dernières années, notamment avec les règles de biosécurité mises en place pour prévenir l’introduction de la FPA (fièvre porcine africaine) et des autres maladies. Concrètement, cela passe par des mesures strictes : contrôle des entrées (animaux, personnes), respect de la quarantaine, rigueur de circulation, hygiène renforcée ou encore aménagements spécifiques des bâtiments. Au-delà de la réglementation, le sanitaire est aussi un enjeu de bien-être animal et de qualité des produits commercialisés. Aujourd’hui, il fait pleinement partie du métier : un élevage performant est avant tout un élevage qui anticipe et maîtrise ses risques sanitaires au quotidien.»