Elisa Aukes

Elisa Aukes
Elisa Aukes
Éleveuse laitière
Nouvelle-Zélande

Je m’appelle Elisa Aukes, j’ai 23 ans et je suis originaire de Moréac dans le Morbihan. Cette semaine je vous emmène à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande. Depuis un an je travaille dans une exploitation laitière à Ashburton, une commune située à 1h au sud de Christchurch. J’ai un BTS ACSE obtenu en 2017 au Lycée Pommerit. J’ai ensuite continué mes études en licence professionnelle à l’Uco Bretagne Nord à Guingamp. J’ai opté pour une licence CMEAR (Conseil et Management des Entreprises Agricoles et Rurales) que j’ai obtenu en 2018. Par la suite, j’ai travaillé pendant 7 mois dans une exploitation laitière robotisée à Moréac (56). En 2019, j’ai travaillé 3 mois en Irlande dans une ferme de 200 vaches laitières puis je suis arrivée en Nouvelle-Zélande.

Je souhaite à l’avenir m’installer sur l’élevage laitier familial mais avant cela, il est important pour moi de découvrir différents systèmes de production dans d’autres pays. Ces expériences me permettent d’apprendre beaucoup de choses et je suis sûre que je pourrai rapporter certaines techniques avec moi en France. Je travaille pour Kim et Will Grayling. Ils dirigent Ashpouri Ltd: Singletree & Chertsey Dairies, une exploitation organisée en deux sites voisins. Je suis rattachée à Chertsey Dairies. Sur cette ferme, nous sommes 5 salariés avec 930 vaches et 235 ha. Nous avons deux troupeaux qui pâturent sur deux « blocks » différents.

Cette semaine, je vais vous présenter mon quotidien. Nous allons aborder différents sujets comme la gestion de l’herbe, l’irrigation et la traite. Je vais également présenter les différents moments de la saison avec la période de tarissement des vaches, les vêlages et ensuite les différents temps forts de la saison laitière. Nous sommes maintenant dans une période plus calme niveau travail ce qui nous donne plus de temps pour faire de la maintenance sur la ferme. Je vous expliquerai plus en détail mon rôle sur la ferme.

Mon quotidien : une fois la traite terminée et les animaux nourris, la tâche principale de la journée concerne l’irrigation. Sur la ferme, nous avons deux types d’outils d’irrigation, le pivot et le rotorainer. Nous avons 4 rotorainers et un pivot.

Le pivot, installé en juillet 2020, couvre 1/3 de la surface de la ferme. Il est en marche 24h/24 et 7j/7. Il est estimé que le pivot permet un gain de 30% de Kg de matières sèches/ha d’herbe supplémentaire comparé à l’utilisation d’un rotorainer. Il faut 6 jours pour que le pivot fasse un aller-retour.

Les rotorainers ont une rotation de 9 jours. Par passage, il y a 45mm d’eau qui sont dispersé au sol soit 5mm d’eau par jour. Il faut savoir qu’il y a très peu de pluie dans notre région, d’où l’importance de la rigueur en ce qui concerne l’irrigation.

Sur la vidéo, je vous montre les différentes étapes pour déplacer le rotorainer d’un champ à un autre. Nous devons fermer le point d’eau, ensuite nous déplaçons le roto dans le champ souhaité. Nous enroulons le tuyau d’irrigation, pour le dérouler une fois connecté au roto prêt pour son nouveau passage. Enfin on réouvre le point d’eau. Nous pouvons ajuster la vitesse de passage. En général, un passage dure 12h.

Ici les journées commencent tôt. A 4h15 il est l’heure de démarrer la moto pour aller chercher les vaches au champ. La parcelle la plus éloignée de la ferme nous oblige parfois à être à 4h dans le champ. A 5h, une deuxième personne arrive dans la salle de traite et met la machine en route. La personne qui emmène le troupeau le matin commence avec le décrochage des griffes. Une troisième personne emmène le deuxième troupeau aux alentours de 5h45.
Pour réduire la pression physique, nous échangeons de poste entre le trayeur et celui au décrochage à la fin du premier troupeau. Les vaches sous antibiotiques ou boiteuses sont dans un troupeau prénommé les « reds ». Elles ne sont traites qu’une fois par jour (le matin). Elles sont traites en tant que troisième troupeau pour pouvoir fermer le tank à lait une fois qu’elles entrent dans la salle de traite.

En Nouvelle-Zélande ils optent en majorité pour une traite une fois par jour pour leur permettre de récupérer le plus rapidement possible.

Chaque semaine, nous traversons l’intégralité des parcelles pour mesurer la quantité d’herbe disponible au pâturage. Pour cela, nous utilisons un pasture meter que je vous montrerai ce soir. Une fois les 40 parcelles traversées, nous rentrons les données dans l’ordinateur. Nous avons la quantité de MS/ha indiquée ainsi que le nombre de jours depuis lequel la parcelle a été pâturée.
Nous avons en ce moment une rotation de 24,5 jours. Pour connaître la surface nécessaire par troupeau nous avons un peu de calcul à faire. Pour vous aider à comprendre comment obtenir la surface nécessaire, voici les calculs que nous réalisons.

Ici en Nouvelle Zelande l’herbe est la principale source d’alimentation pour les vaches. Ils ont des techniques rigoureuses en ce qui concerne la gestion du pâturage. Comme expliqué dans la vidéo, ils utilisent la technique du « break-fencing ».

Chaque jour, nous devons avoir deux clôtures en place pour les troupeaux. Le troupeau n°1 pâture 4,7 ha par jour dont 3ha le soir (16h de pâturage) et 1,7ha le matin (8h de pâturage). Ce système permet également aux vaches de toujours avoir une nouvelle aire avec de l’herbe fraiche. En ce moment, nous complémentons les vaches avec un aliment pour vaches laitières. Cela nous permet de pallier le manque d’herbe dû à une météo chaude et sèche.

Leur alimentation se compose donc de 15kg de MS (matière sèche) d’herbe, 4,4kg d’aliment pour vaches laitières et 1,5kg d’orge soit 20,9 kg MS/VL.

Une saison laitière commence début juin et termine fin mai. C’est vers cette période que nous tarissons l’intégralité des animaux. Pour l’hiver 2020, nous avons tari les vaches en trois fois soit environ 310 vaches par journée de tarissement. Le matin du tarissement, nous trayons les vaches laitières et nous les gardons sur le parc d’attente. Nous avons une dizaine de personnes qui se rendent sur la ferme pour nous donner un coup de main. On utilise un produit antibiotique au tarissement et un obturateur interne de trayon (teatseal). Cela nous prend 2 heures pour tarir 300 vaches. Ils utilisent le teatseal pour éviter les contaminations car les animaux vont passer 6 semaines voire plus sur une parcelle de betteraves fourragères.

Une fois le tarissement terminé, nous envoyons l’intégralité des animaux sur des parcelles voisines pour qu’elles y passent l’hiver. Beaucoup d’exploitations font ce choix de management pour préserver l’herbe pour la saison à venir. Les animaux ont une ration composée de betteraves fourragères et de paille. Pour nos 930 vaches, nous avons trois lots séparés selon l’état corporel de celles-ci. Pour vous donner un exemple, les vaches avec un état corporel entre 3.0/3,5 ont une ration composée de 14,8kg de betteraves et 3kg de paille d’orge.
Tous les jours, nous leur donnons leur allocation en deux fois (matin et après-midi) pour éviter un maximum de problèmes type acidose. Pour cela, nous venons déplacer le fil en utilisant les rangs de betteraves. Pour savoir combien de Kg de betterave nos animaux ingèrent, nous avons de nouveau un peu calcul à réaliser. Voici les données importantes pour le calcul :

  • Nombre de rangs/jours : 7
  • Rendement : 20,5 tonnes/ha
  • Longueur parcelle : 500 mètres
  • Distance entre rangs : 0,5 mètres
  • Nombres animaux : 242
  • Ingestion betterave = (Nombre rangs x distance entre rangs x longueur parcelle x rendement par m2) / nombre animaux
  • Ingestion betterave = (7 rangs x 0,5m x 500m long x 2,05kg par m2) / 242
  • Ingestion betterave = 14,8 Kg

Une fois que la saison des vêlages arrive, nous emmenons tous les animaux sur la ferme. Nous les trions selon leur date de vêlage. Nous gardons environ 150 vaches pour le premier lot de vaches prêtes à vêler. Elles restent sur la ferme pour que l’on puisse garder un œil jusqu’à l’arrivée du premier veau. Le reste des animaux retourne sur la parcelle de betterave.

Les premiers vêlages arrivent fin juillet et se terminent fin septembre. Pour la saison 2020, j’étais chargée de l’élevage des veaux. C’est le moment le plus intense de l’année, avec des gardes de nuits mais aussi des journées qui commencent a 4h30. Mon rôle a été très intense entre le ramassage des veaux au champ, nourrir les nouveaux nés, apprendre aux autres veaux à boire au seau à tétines collectifs.

Tous les jours, j’étais en relation avec le marchand de veau pour collecter les mâles. Nous avons un total de 500 mâles qui ont été vendus. J’ai élevé 360 génisses sur la ferme. Les trois premières semaines, elle sont dans un bâtiment en cages collectives (20 veaux/case). Les vétérinaires viennent écorner les veaux et après quelques jours nous les emmenons au champ. Je me déplace avec une remorque avec 60 tétines pour nourrir 9 lots dispersés sur toute la ferme. Mes journées étant bien chargée avec les veaux, je devais tout de même faire mes nuits de garde et la traite donc je travaillais environ 11h30 par jour.

Je tiens à vous remercier pour cette semaine. C’était vraiment intéressant pour moi de vous présenter notre système. J’espère que ce petit voyage à l’autre bout du monde vous a plu. Les échanges m’ont beaucoup plu et si vous voulez plus d’informations n’hésitez pas à me contacter.

Je vous remercie pour tous les échanges que nous avons pu avoir ensemble.

À bientôt sur Agribretagne !

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