Julie Hamon

Julie Hamon
Stagiaire dans un élevage de porcs en Hollande
Hollande

Lundi

Hallo ! Je m’appelle Julie Hamon, j’ai 22 ans et je réside à Trémorel dans les Côtes d’Armor. Je suis actuellement étudiante en BTS ACSE au Lycée Pommerit dans le but de devenir enseignante dans le milieu agricole.

Avant de rejoindre ce secteur, j’ai fais un BAC L et deux années de licence en LEA (langues étrangères appliquées) à Lorient. Puis, je me suis réorientée en effectuant un BPREA spécialité porc (formation adulte) à Quintenic avec la Chambres d’agriculture de Bretagne. J’avais quelques bases du métier d’agriculteur puisque mes parents le sont. Dans quelques semaines je retourne en France pour entamer ma deuxième année de BTS.

Dans le cadre de mes études il nous est demandé d’effectuer un stage de quatre semaines minimum. J’avais auparavant signé une convention de stage en Australie, mais au vu de la situation sanitaire il était plus judicieux de réorienter mon choix vers un pays européen. Je vous conduis donc cette semaine aux Pays-Bas. J’ai choisi ce pays pour le secteur porcin et plus particulièrement pour la génétique Topigs Norsvin. En effet, lors de mes divers stages ou même chez mes parents j’ai uniquement côtoyé cette génétique néerlandaise, je trouvais donc cela pertinent de voir d’où elle venait.

Mon stage se déroule dans la ferme Witlox Fokvarkens dans la petite ville d’Haaren située au sud du pays. Il s’agit d’un élevage de multiplication ou autrement dit un élevage de cochette. La ferme Witlox compte 520 truies se qui est une taille moyenne pour le pays. Chaque semaine, 100 cochettes sont vendues (soit 5 000 par an). A coté de l’élevage se trouve le magasin de Miriam (la femme de mon maître de stage) construit il y a tout juste deux ans. On peut y trouver bien entendu leur viande de porc mais également une multitude de produits agricoles locaux.

Pour cette semaine je prévois de vous parler des différences que j’ai pu constater entre les deux pays mais également les similitudes. Je vous montrerai aussi les comparaisons entre un élevage naisseur engraisseur « classique » et un élevage de multiplication.

Bonne découverte à tous !

Mardi

Bonjour à tous,

Pour ce mardi je propose de vous parler d’un aspect qui m’a particulièrement marqué lors de visites ou de discussions avec des agriculteurs néerlandais. Il faut savoir que les Pays-Bas comptent parmi les pays les plus petits de l’Union européenne. Entre les constructions (zones industrielles, lotissements, …) et les nombreux parcs naturels il ne reste plus beaucoup de place pour l’agriculture.

Parmi les témoignages recueillis et d’après ce que j’ai pu voir chez mon maître de stage, les producteurs de porcs n’ont pratiquement pas ou peu de terre à cultiver comparé à la France. Par exemple René, mon maître de stage, n’a que 9 ha en totalité (dont 1,50 ha où se trouvent les bâtiments). La totalité de ses terres est uniquement dédiées à la vente ou est mise en fermage. Il a ainsi 2,75 ha de maïs qu’il vend directement à un voisin agriculteur en lait, 1,50 ha d’herbe qu’il enrubanne pour vendre à un voisin qui a des chevaux et 4 ha qu’il met en fermage à un arboriculteur.

René est plus gagnant de louer ou de vendre les produits de sa terre que de la cultiver pour nourrir ses porcs. Cela veut donc dire que 100 % de l’aliment est acheté, ce qui est peu pratiqué en Bretagne car les agriculteurs visent principalement l’autonomie alimentaire. De plus, René doit également acheter de la paille pour ses jeunes cochettes afin de répondre à l’une des normes bien-être qui est : « Les porcs doivent toujours avoir suffisamment de matériel pour jouer et faire des recherches. Les matériaux de diversion ne doivent bien entendu pas mettre en danger la santé des porcs ».

Pour les passionnés de mécanique, je vous déconseille les élevages en porc d’ici car il n’y a pas beaucoup de matériel agricole. René n’a par exemple qu’un tracteur qui ne lui sert seulement pour tracter la bétaillère. De nombreux porchers, quand ils ont des terres, font appel à une entreprise pour le travail et la récolte au champ.

Très belle fin de journée !

Mercredi

Goedemorgen !

Aujourd’hui je voudrais aborder avec vous quelques similitudes que j’ai remarqué avec les élevages français mais également l’aspect environnemental dont doit faire face l’agriculteur.

Pour ma part la structure des bâtiments ne m’a pas particulièrement surprise durant mon stage à l’étranger. Les maternités, le post-sevrage et la partie reproduction sont installés et construits de la même manière qu’en France. Le travail est presque le même, par exemple les soins pour les porcelets en maternité sont identiques en France.

Cependant, les normes environnementales sont un peu plus lourdes pour l’agriculteur néerlandais. En effet les producteurs de porcs sont dans l’obligation d’installer des laveurs d’air afin de limiter les dépôts d’ammoniac à proximité des élevages. Outre la partie environnementale, le laveur d’air permet de limiter les odeurs des élevages porcins.

René a 3 laveurs d’air, dont un biologique. L’élevage est également équipé de panneaux solaires (959 panneaux pour être exact), mais ceci vient de la décision de l’agriculteur (comme en France).Je vous souhaite une splendide journée !

Jeudi

Bonsoir,

Pour cette quatrième journée, je vous propose de parler des différentes tâches supplémentaires que l’on doit effectuer lorsque l’on est en élevage de multiplication. Dès la naissance, les porcelets sont identifiés par le biais d’une boucle à l’oreille. Premièrement on doit les sexer puis on leur attribue une boucle, pour les mâles il s’agira toujours de la même boucle car ils sont par la suite vendus à un agriculteur uniquement engraisseur.

Pour les femelles il y a trois choix possible (vert, jaune ou rouge), cela correspond à trois génétiques différentes. Par exemple la boucle verte est pour la TN 70. Concernant les rouges il s’agit de futures cochettes dédiées au renouvellement du cheptel de l’élevage de René. Pour cela on attribue une boucle particulière pour étudier leur ADN au laboratoire. On doit également compter les tétines des mâles et femelles de cette portée.

Juste avant le sevrage une première sélection est effectuée. Si l’une des femelles est trop chétive ou a moins de 14 tétines, alors on lui réattribue une boucle pour mâle et elle sortira de l’élevage. Les pesées sont faîtes durant le sevrage et à la mise en élevage pour cochette, ce qui s’apparente à un engraissement.

Lorsque les cochettes ont 26 semaines, une deuxième sélection se fait : on les pèse individuellement, on mesure l’épaisseur de lard et de muscles, on recompte les tétines. On peut donc dire qu’il y a plus de manipulations dans un élevage de multiplication. J’espère vous avoir appris quelque chose, très belle soirée !

Vendredi

Bien le bonjour,

Pour cette dernière journée, je vais vous parler d’une visite que j’ai faite dans un élevage porcin biologique nommé ALPEKO. J’ai eu la chance de voir cette ferme car elle appartient à Joost, le meilleur ami de mon maître de stage. À ses débuts Joost avait repris la ferme parentale à Haaren en porc traditionnel. C’est en 2002 qu’il décide avec sa femme Jacqueline de passer en agriculture biologique en achetant un nouveau site à Heusden. Ils ont aujourd’hui 400 truies et 2 000 porcs charcutiers ce qui est une grande taille pour un élevage en bio.

Pour information les Pays-Bas font partie des principaux pays producteurs de viande porcine bio avec le Danemark, l’Allemagne et la France. Cependant la part des cheptels certifiés bio reste très faible, soit de 0,5 % aux Pays-Bas.

La ferme ALPEKO détient 24 hectares. Joost fait appel à une entreprise extérieure pour s’occuper des travaux des champs et de la récolte des céréales afin de nourrir par la suite ses porcs. Cet élevage biologique compte plusieurs silos couloirs ainsi qu’une FAF (Fabrication A la Ferme) ce qui est très spécial puisque très peu d’agriculteurs néerlandais ont ce genre d’installation. Joost et Jacqueline sont dans les premiers, aux Pays-Bas, à avoir des bâtiments pour les charcutiers car avant ils vivaient en extérieur. Ils ont fait ce choix afin de protéger le troupeau de la fièvre porcine africaine.

Les contrôles pour la production bio aux Pays-Bas sont effectués par la fondation SKAL. Les normes en bio sont différentes selon le pays. Par exemple, les Néerlandais se réfèrent au cahier des charges européen qui prévoit que l’épandage des déjections est l’unique lien au sol de l’élevage de porcs.

Alors qu’en France la notion du lien au sol compte également la provenance de l’aliment (40% des aliments doivent provenir de l’élevage). Concernant les normes de bâtiments, les deux pays ont les mêmes. La ferme ALPEKO compte plusieurs salles de maternité avec, pour chaque truie et sa portée, un espace abrité paillé et une courette. Malgré le choix de la génétique Landrace, le point noir de ces cases liberté est le nombre d’écrasés plus importants qu’en conventionnel. Le sevrage se fait à 6 semaines, mais les porcelets restent dans la case jusqu’à l’âge d’aller en engraissement.

L’objectif ici est de limiter le stress chez l’animal en évitant de le mélanger avec d’autres de ses congénères. Les truies durant leur gestation bénéficie du grand air, puisqu’elles ont la possibilité d’aller dans un pré. Je vous remercie de m’avoir lue durant ces cinq jours et je vous souhaite une superbe journée ! La semaine prochaine, nous rediffusons le portrait de Adeline Yon. Pour celles et ceux qui seront présents au SPACE Rennes la semaine prochaine, retrouvez-nous sur le stand Agriculteurs de Bretagne (hall 5, stand B38) !

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