Nicolas Coëffic

Nicolas Coëffic
Éleveur Ovin
La Mézière (35)

Je m’appelle Nicolas Coëffic, j’ai 34 ans et je suis agriculteur et plus particulièrement éleveur ovin pratiquant l’éco-pâturage. J’ai eu un parcours assez atypique ! Je suis diplômé d’un bac pro travaux paysager mais pour diverses raisons je n’ai pas poursuivi dans cette voie. J’ai travaillé durant 10 ans dans la sécurité privée où j’ai été cadre mais j’ai bien senti au bout d’un moment que mon corps – et surtout mon esprit ! – me disait de me reconnecter à mes vraies valeurs. J’ai passé un BTS ACSE à Combourg financé par Pôle emploi et la Région Bretagne.

Durant cette formation, j’ai eu l’occasion de faire un stage en exploitation ovine, au Gaec du rocher à Québriac avec 600 brebis et 1000 agneaux produits à l’année, vendus en vente directe. C’est lors de ce stage que m’est venue ma passion et ma vision des choses sur le métier d’agriculteur.

Durant mon année de formation, j’ai pu acheter mes premières bêtes : j’avais 3 brebis et 2 béliers Ouessant. Le début d’une grande aventure et d’une passion dévorante !J’ai eu la chance d’être contrôleur laitier durant quelques temps ce qui m’a permis d’avoir un aperçu sur l’élevage laitier, petit comme gros, et ainsi avoir un aperçu globale de notre Agriculture ou plutôt de nos Agricultures, tant elles sont multiples !

À cette époque, la Ville de La Mézière cherchait un prestataire pour de l’éco-pâturage, on s’est rencontré avec les services et les élus et ça a tout de suite matché : on avait la même vision des choses donc tout était rassemblé pour se projeter. Depuis 2018, le parcellaire augmente et de nouveaux projets se créent. Aujourd’hui je possède 50 bêtes, 6 caprins et 2 ânes, 15 moutons Ouessant et 32 Landes de Bretagne. Mon objectif serait d’avoir 15 / 20 Ouessant et 100 Landes de Bretagne pour l’éco-pâturage mais aussi une valorisation viande, en vente directe. J’élève mes bêtes à l’herbe ce qui implique une durée plus longue avant d’atteindre un poids intéressant et rend ma viande potentiellement plus forte en goût, ce qui peut déranger certains consommateurs mais le cycle de l’animal est ainsi préservé. En ce qui concerne l’éco pâturage, je mets en éco pâturage près de 4 hectares et très prochainement, c’est un atelier de poules pondeuses qui va être mis en place, dans le cadre d’un projet de poulailler collectif avec la collectivité.

Je mets à pâturer les moutons dans des espaces de la communes dédiées et chez des particuliers quand la surface peut accueillir mes moutons. Chaque citoyen profite ainsi de l’animal, travaillant à la place des machines thermiques utilisées jusqu’à présent !Je ne suis pas du tout issu du monde de l’agriculture mais j’ai eu rapidement cette passion du vivant et de notre territoire qui m’a amené à faire ce métier. Je n’ai jamais été aussi bien au travail malgré des journées à rallonges, pouvant être usantes mais c’est une fatigue saine et donc j’espère que cela durera le plus longtemps possible. Je me qualifierai comme étant un “jeune agriculteur comblé”.

Bonne semaine en ma compagnie !

Tout d’abord l’éco-pâturage c’est quoi ?C’est l’entretien écologique des espaces verts et naturels par le pâturage d’herbivores, petits comme grands ! On peut imaginer aller de l’oie jusqu’au bovin en fonction de la surface adaptée et des conditions propres à chaque demande et, surtout, à chaque animal.

L’éco pâturage a diverses valeurs : environnementale, bien sûr, puisqu’il n’y a pas d’énergie fossile utilisée, la biodiversité est préservée et une grande place est laissée à la faune et à la flore locales.. Mais aussi une valeur économique, car différentes études montrent que cela revient à environ 20 % moins cher qu’un entretien mécanique pour la même surface et cela évite les accidents avec le personnel notamment lors d’entretien des pentes.

Les moutons comme les chèvres ont de toute évidence un meilleur équilibre dans les pentes que le personnel communal et ne sont jamais en arrêt de travail ni en congés ! Une vertu sociale aussi et ça c’est un phénomène plus important qu’on ne le pense car lorsque l’on se promène, les gens s’arrêtent pour regarder les animaux et donc parlent entre eux, cela recrée du contact entre les gens et avec les animaux. La présence des animaux en milieu urbain permet de recréer des liens avec les bêtes mais aussi avec l’éleveur car lorsque je suis sur une parcelle, je prends un grand plaisir à échanger avec les promeneurs, pour corriger les idées reçues ou discuter de l’agriculture avec certains citoyens qui sont malheureusement parfois totalement déconnecté de la réalité.

Au quotidien, la première chose que je fais le matin est de venir en bergerie pour effectuer les soins et m’assurer que les animaux présents vont bien. Je fais donc le tour des parcelles, je passe voir les bêtes une fois par semaine, pas tous les jours non plus car non seulement elles sont autonomes et l’objectif est avant tout écologique : passer quotidiennement partout serait plus polluant qu’autre chose !

Lorsque je vais les voir je m’assure qu’il y a encore suffisamment à pâturer et que chacun est en bonne santé. J’ai toujours ma trousse de soins vétérinaire avec moi au cas où, on peut avoir de mauvaises surprises parfois et il faut agir vite et bien (et là, merci à nos vétos ruraux, toujours rapides et pas avares de conseils) ! Je fais l’appel aussi, les compter me permet de m’assurer qu’il n’y a eu ni vol, ni fugue, ce qui peut arriver, heureusement rarement me concernant. Je vérifie les clôtures pour voir si personne n’a essayé de rentrer car j’ai eu des cas où des habitants ont voulu courir après les moutons ou bien se baigner dans les bacs à eau, en véritable bain de minuit, ou encore jeter des aliments. Et non : mes moutons ne boivent pas de bières et ne mangent pas Mc Do…D’ailleurs il faut avoir une très grande vigilance sur le fait de jeter des aliments, beaucoup de gens pensent bien faire en donnant du pain à manger aux moutons alors qu’au contraire cet aliment est néfaste pour eux. Lorsqu’il y a beaucoup de déchets, j’ai tendance à faire un message sur les réseaux sociaux pour sensibiliser.

Je dois sans arrêt m’adapter dans mon travail car au lieu de faire de l’observation sur une parcelle, je dois le faire sur 10 dans la journée donc cela demande une organisation bien particulière. Des personnes m’appellent parfois s’ils trouvent qu’un animal n’est pas bien, et pour cela un affichage avec mon numéro et le nom de la parcelle est mis en place systématiquement pour que l’on puisse m’appeler en cas de problème.

Je finis ma journée par les travaux de restauration de la ferme pour le confort de mes bêtes mais aussi pour le mien. De par mon parcours professionnel, je suis très attaché à la sécurité au travail et à la prévention des TMS par exemple. Je m’adapte et adapte mon environnement de travail pour pouvoir m’économiser, pour durer dans le temps et ayant déjà des soucis de dos que je dois préserver au maximum !

La question est « comment je mets en place un système d’éco-pâturage ? »La première chose que je fais est d’aller sur place avec le client afin d’avoir un regard concret sur la demande et l’environnement de celle-ci. Observer la végétation présente, l’environnement immédiat… me permet de savoir si les animaux seront correctement nourris. Je vais ainsi mieux appréhender les attentes du clients afin d’y répondre au mieux, et voir ensemble quelle bête est adaptée en fonction de la parcelle. On voit aussi tout ce qui est technique, c’est-à-dire la mise en place de la clôture, mais aussi le choix d’un référent parmi leurs équipes dans la mesure où il me faut une personne de confiance pour qu’il puisse être mes yeux lorsque je ne suis pas là. Ce dernier est formé et il y a une mise en place d’un carnet de suivi avec les outils numériques.

J’informe du rythme de mes passages, je m’assure qu’il y ait un point d’eau sur place et en fonction de cela on définit le prix au m² à l’année. Je ne m’engage jamais sur un nombre de bêtes, puisque celui-ci varie en fonction de la saison, des besoins et soucis éventuels.

Je prends en charge la gestion des refus de pâturages, comme les orties ou chardons, boudés par les bêtes. Et cela se termine par un devis classique reprenant l’ensemble des conditions et observations faites.

Une association pour mettre en avant les éco-pâturages bretons : l’association Bretagne éco pâturage vient d’être créée, avec plusieurs autres éleveurs et prestataires d’éco-pâturage breton. L’objectif est de défendre nos valeurs, de pérenniser l’éco-pâturage avec une charte de bonne pratique. De plus, on veut valoriser les éco-pâtureurs qui travaillent localement. Avec l’association, on veut être ce gage d’égalité pour les clients qui sont en attente de cela.

C’est aussi de l’entraide car on a beau avoir la même activité, nous avons différentes méthodes de travail et c’est toujours intéressant d’échanger sur le sujet, sur nos pratiques. Voir même se donner un coup de main s’il y a besoin. On imagine aussi mettre en place des formations, des accueils pour fédérer autour de notre pratique.

Dans le cadre des Journées Nationales de l’Agriculture, je souhaite présenter le site de la ferme et expliquer comment j’en suis arrivé à gérer ce site, présenter mes espèces tels que le Ouessant, le Landes de Bretagne et où encore la chèvre des fossés. Ainsi je présenterai l’éco pâturage dans sa globalité c’est-à dire ce qui peut être fait, de quelle manière, pour quels endroits…, présenter Franceagritwittos, qui est une association qui apporte beaucoup en terme de communication positive, c’est un vrai réseau.

En lien avec l’association TRAME , un petit parcours avec 5 jeux, comme le chamboule tout pour apprendre des mots liés à l’agriculture, un parcours énigmes, un arbre à idées, une activité pour éveiller les sens, un puzzle et un rébus… Le principe est que chacune des activités se ramène à une de mes pratiques et surtout amène à échanger sur nos Agricultures.

L’accueil était de 14h30 à 17h et entre la pluie et le match de foot… On imaginera par la suite d’autres instants d’échanges similaires.

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